Apprendre une langue : une question d’attitude!

Publié le 9 septembre 2025

L’apprentissage des langues a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi en Inde, où s’entrecroisent une multitude de langues. Saviez-vous qu’on trouve 15 langues différentes sur les billets de banque indiens? Au cours de ma vie, j’ai appris à parler six ou sept langues. Je ne les utilise plus toutes aujourd’hui, mais s’il y a une chose importante que j’ai toujours conservée, c’est mon attitude.

Mes premiers apprentissages

Au tout début, l’apprentissage des langues me paraissait tout naturel. J’arrivais à acquérir de nouvelles langues sans difficulté, car elles faisaient partie de mon environnement quotidien et je n’avais pas peur de faire des erreurs. J’ai grandi dans une famille bilingue : ma mère parlait tamoul et mon père, malayalam. En classe, j’ai commencé à apprendre l’anglais (grammaire et autres) dès la maternelle, mais dans la cour d’école, je parlais différentes langues locales avec mes camarades.

Plus tard, quand ma famille a déménagé, j’ai commencé à apprendre l’hindi, qui utilise un tout autre système d’écriture. J’ai dû travailler dur. J’apprenais à écrire l’hindi à l’école et, à la maison, je regardais la télévision dans cette langue. Ces efforts ne visaient pas simplement à améliorer mes perspectives professionnelles, mais aussi à me donner accès à une culture riche et à me permettre de mieux communiquer et m’adapter. Je lis des livres en hindi encore aujourd’hui pour maintenir ma connaissance de cette langue.

Le Canada et l’apprentissage du français

À 25 ans, je suis arrivée au Canada dans le cadre de mes études de maîtrise. Comme je parlais déjà anglais, mes parents m’ont gentiment poussée à me lancer dans l’apprentissage du français, pour que je puisse découvrir toutes les facettes de mon pays d’accueil bilingue. Lorsque j’ai commencé à travailler à temps plein dans le secteur privé, j’ai suivi des cours trois soirs par semaine dans un collège. J’ai commencé par le commencement : les verbes « être » et « avoir ». Ce n’était pas facile et j’ai rencontré bien des difficultés, mais j’ai tenu bon. Je transcrivais les sons des mots français en hindi pour veiller à bien les prononcer. Je regardais la télévision et lisais des livres en français (avec un dictionnaire à portée de la main, au début). J’ai fait des erreurs. Beaucoup d’erreurs. Mais ce n’est pas ça qui allait m’arrêter!

Je le répète, c’est mon attitude qui a fait en sorte que j’ai persévéré. Personne ne me forçait à apprendre le français. Mon emploi dans le secteur privé ne m’obligeait pas à le faire. C’est un choix que j’ai fait pour élargir mes horizons et mieux m’intégrer à la société canadienne. Aujourd’hui, je lis l’actualité en français seulement. Quand je reçois un texte bilingue, je lis la version française. Je regarde des films et je lis des romans en français. Et je m’inscris à la version française de toutes les formations, quel qu’en soit le sujet. Il m’arrive encore d’avoir recours au dictionnaire, mais je n’en ai maintenant besoin que dans 5 % à 10 % des cas environ.

Les bienfaits de l’apprentissage des langues

Certains considèrent qu’avoir à apprendre les deux langues officielles du Canada est un fardeau. Pourtant, avec la bonne attitude, ce « fardeau » se transforme en occasion à saisir! Ça peut paraître pénible, mais il faut faire cet effort. D’ailleurs, j’ai appris un secret : plus on apprend de langues, plus il est facile d’en apprendre de nouvelles. Sans compter que la motivation personnelle que l’on manifeste peut devenir une source de fierté en elle-même.

En 2007, j’ai atteint le niveau de compétence avancé en français oral au test du gouvernement fédéral. C’est la clé qui m’a permis d’obtenir mon poste actuel. Sans ce niveau de compétence linguistique, je ne pourrais pas (et à mon avis, je ne devrais pas) occuper ces fonctions.

Les langues officielles ne sont pas seulement importantes parce qu’elles ouvrent des perspectives professionnelles. Elles sont aussi essentielles pour faire du Canada un pays plus inclusif. Pour dire les choses simplement, l’inclusion commence par le bilinguisme. Mais pour que l’inclusion devienne naturelle, il faut en faire le choix conscient. S’ouvrir au bilinguisme permet de s’ouvrir à la diversité en général.

La technologie dans l’apprentissage des langues

Les avancées technologiques, et notamment l’avènement de l’intelligence artificielle, rendront l’apprentissage d’une langue seconde encore plus facile. Imaginez-vous en train d’interagir avec la technologie dans une vraie conversation, mais sans gêne ni crainte de faire des erreurs. De plus, la technologie pourra vous corriger et vous expliquer vos erreurs, ce qui renforcera votre apprentissage.

Je suis vraiment enthousiasmée par les possibilités qui s’offrent déjà à nous et les nouvelles à venir!

L’avenir du bilinguisme au Canada

Aujourd’hui, les jeunes du Canada ont deux avantages non négligeables : leur facilité à utiliser la technologie, et l’occasion d’apprendre une langue seconde dès leur jeune âge. Ceux et celles qui choisiront de se prévaloir de ces avantages avec la bonne attitude pourront s’épanouir dans les deux langues officielles, et peut-être en apprendre d’autres encore! Cela dit, il n’est pas nécessaire d’être jeune pour y parvenir. J’ai appris le français dans la trentaine. Peu importe l’âge, avec la bonne attitude, de la persévérance et un peu d’aide technologique, tout le monde peut contribuer à bâtir un Canada bilingue, inclusif et riche de sa diversité.

Pour en apprendre davantage sur la plume d’or, visitez La plume d’or : une activité du blogue Nos langues (s’ouvre dans un nouvel onglet).

Avertissement

Les opinions exprimées dans les billets et dans les commentaires publiés sur le blogue Nos langues sont celles des personnes qui les ont rédigés. Elles ne reflètent pas nécessairement celles du Portail linguistique du Canada.

En savoir plus sur Vidya ShankarNarayan

Vidya ShankarNarayan

Sous-ministre adjointe principale, Personnes et culture, au Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, Vidya ShankarNarayan possède une longue expérience comme haute dirigeante. Elle a fait ses preuves dans la gestion de grands projets de transformation liés au numérique, aux données et aux politiques dans l’administration fédérale. Sa carrière l’a menée à occuper des postes de haute direction à Innovation, Sciences et Développement économique Canada et à Emploi et Développement social Canada, de même que ceux de sous-ministre adjointe et de dirigeante principale de l’information à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Dans ses temps libres, Vidya pratique le yoga et se consacre à l’inclusion et à l’intégration des personnes appartenant à des groupes sous-représentés.

 

Écrire un commentaire

Veuillez lire la section « Commentaires et échanges » dans la page Avis du gouvernement du Canada avant d’ajouter un commentaire. Le Portail linguistique du Canada examinera tous les commentaires avant de les publier. Nous nous réservons le droit de modifier, de refuser ou de supprimer toute question ou tout commentaire qui contreviendrait à ces lignes directrices sur les commentaires.

Lorsque vous soumettez un commentaire, vous renoncez définitivement à vos droits moraux, ce qui signifie que vous donnez au gouvernement du Canada la permission d’utiliser, de reproduire, de modifier et de diffuser votre commentaire gratuitement, en totalité ou en partie, de toute façon qu’il juge utile. Vous confirmez également que votre commentaire n’enfreint les droits d’aucune tierce partie (par exemple, que vous ne reproduisez pas sans autorisation du texte appartenant à un tiers).

Participez à la discussion et faites-nous part de vos commentaires!

Commentaires

Les commentaires sont affichés dans leur langue d’origine.

Lire les commentaires

Soumis par Suzie Bond le 11 septembre 2025 à 10 h 24

Félicitations! Votre plume d'or est pleinement méritée!

Soumis par Javier Rubalcava le 15 septembre 2025 à 15 h 39

Félicitations! Tout à fait d'accord avec vos mots qui s'avèrent inspirants pour notre société. Vous êtes admirable.
Français