L’apprentissage des langues a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi en Inde, où s’entrecroisent une multitude de langues. Saviez-vous qu’on trouve 15 langues différentes sur les billets de banque indiens? Au cours de ma vie, j’ai appris à parler six ou sept langues. Je ne les utilise plus toutes aujourd’hui, mais s’il y a une chose importante que j’ai toujours conservée, c’est mon attitude.
Mes premiers apprentissages
Au tout début, l’apprentissage des langues me paraissait tout naturel. J’arrivais à acquérir de nouvelles langues sans difficulté, car elles faisaient partie de mon environnement quotidien et je n’avais pas peur de faire des erreurs. J’ai grandi dans une famille bilingue : ma mère parlait tamoul et mon père, malayalam. En classe, j’ai commencé à apprendre l’anglais (grammaire et autres) dès la maternelle, mais dans la cour d’école, je parlais différentes langues locales avec mes camarades.
Plus tard, quand ma famille a déménagé, j’ai commencé à apprendre l’hindi, qui utilise un tout autre système d’écriture. J’ai dû travailler dur. J’apprenais à écrire l’hindi à l’école et, à la maison, je regardais la télévision dans cette langue. Ces efforts ne visaient pas simplement à améliorer mes perspectives professionnelles, mais aussi à me donner accès à une culture riche et à me permettre de mieux communiquer et m’adapter. Je lis des livres en hindi encore aujourd’hui pour maintenir ma connaissance de cette langue.
Le Canada et l’apprentissage du français
À 25 ans, je suis arrivée au Canada dans le cadre de mes études de maîtrise. Comme je parlais déjà anglais, mes parents m’ont gentiment poussée à me lancer dans l’apprentissage du français, pour que je puisse découvrir toutes les facettes de mon pays d’accueil bilingue. Lorsque j’ai commencé à travailler à temps plein dans le secteur privé, j’ai suivi des cours trois soirs par semaine dans un collège. J’ai commencé par le commencement : les verbes « être » et « avoir ». Ce n’était pas facile et j’ai rencontré bien des difficultés, mais j’ai tenu bon. Je transcrivais les sons des mots français en hindi pour veiller à bien les prononcer. Je regardais la télévision et lisais des livres en français (avec un dictionnaire à portée de la main, au début). J’ai fait des erreurs. Beaucoup d’erreurs. Mais ce n’est pas ça qui allait m’arrêter!
Je le répète, c’est mon attitude qui a fait en sorte que j’ai persévéré. Personne ne me forçait à apprendre le français. Mon emploi dans le secteur privé ne m’obligeait pas à le faire. C’est un choix que j’ai fait pour élargir mes horizons et mieux m’intégrer à la société canadienne. Aujourd’hui, je lis l’actualité en français seulement. Quand je reçois un texte bilingue, je lis la version française. Je regarde des films et je lis des romans en français. Et je m’inscris à la version française de toutes les formations, quel qu’en soit le sujet. Il m’arrive encore d’avoir recours au dictionnaire, mais je n’en ai maintenant besoin que dans 5 % à 10 % des cas environ.
Les bienfaits de l’apprentissage des langues
Certains considèrent qu’avoir à apprendre les deux langues officielles du Canada est un fardeau. Pourtant, avec la bonne attitude, ce « fardeau » se transforme en occasion à saisir! Ça peut paraître pénible, mais il faut faire cet effort. D’ailleurs, j’ai appris un secret : plus on apprend de langues, plus il est facile d’en apprendre de nouvelles. Sans compter que la motivation personnelle que l’on manifeste peut devenir une source de fierté en elle-même.
En 2007, j’ai atteint le niveau de compétence avancé en français oral au test du gouvernement fédéral. C’est la clé qui m’a permis d’obtenir mon poste actuel. Sans ce niveau de compétence linguistique, je ne pourrais pas (et à mon avis, je ne devrais pas) occuper ces fonctions.
Les langues officielles ne sont pas seulement importantes parce qu’elles ouvrent des perspectives professionnelles. Elles sont aussi essentielles pour faire du Canada un pays plus inclusif. Pour dire les choses simplement, l’inclusion commence par le bilinguisme. Mais pour que l’inclusion devienne naturelle, il faut en faire le choix conscient. S’ouvrir au bilinguisme permet de s’ouvrir à la diversité en général.
La technologie dans l’apprentissage des langues
Les avancées technologiques, et notamment l’avènement de l’intelligence artificielle, rendront l’apprentissage d’une langue seconde encore plus facile. Imaginez-vous en train d’interagir avec la technologie dans une vraie conversation, mais sans gêne ni crainte de faire des erreurs. De plus, la technologie pourra vous corriger et vous expliquer vos erreurs, ce qui renforcera votre apprentissage.
Je suis vraiment enthousiasmée par les possibilités qui s’offrent déjà à nous et les nouvelles à venir!
L’avenir du bilinguisme au Canada
Aujourd’hui, les jeunes du Canada ont deux avantages non négligeables : leur facilité à utiliser la technologie, et l’occasion d’apprendre une langue seconde dès leur jeune âge. Ceux et celles qui choisiront de se prévaloir de ces avantages avec la bonne attitude pourront s’épanouir dans les deux langues officielles, et peut-être en apprendre d’autres encore! Cela dit, il n’est pas nécessaire d’être jeune pour y parvenir. J’ai appris le français dans la trentaine. Peu importe l’âge, avec la bonne attitude, de la persévérance et un peu d’aide technologique, tout le monde peut contribuer à bâtir un Canada bilingue, inclusif et riche de sa diversité.
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